Les années folles

Les libertés que les femmes ont acquises pendant la guerre vont se retrouver dans leurs tenues. Elles commencent à s’émanciper, beaucoup sont veuves et donc contraintes de travailler. Elles ont soif de liberté et veulent avant tout être à l’aise dans leurs vêtements. Les sports et les loisirs se démocratisent développant la demande de tenues confortables. On ne veut plus des corsets qui étranglent et déforment le corps. On renie l’exagération de la silhouette féminine et on exige plus de liberté pour les jambes.

Tenue de tennis au début des années 20

Tenue de tennis au début des années 20

La femme des années 20 a une nouvelle silhouette : la minceur devient une référence et pour la première fois, le bronzage devient populaire. Elle porte les cheveux courts à la garçonne, qu’elle cache sous un chapeau cloche pour les sorties.

Chapeau cloche et coupe courte pour Angélina Jolie dans le film l'échange

Chapeau cloche et coupe courte pour Angélina Jolie dans le film l’échange

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Afin de saisir la « folie » des années 20, j’aimerais faire un saut 20 ans en arrière dans la belle époque à l’aide de cette simple photo:

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Alors qu’avant guerre, la journée d’une femme de la haute société était rythmée par les séances plus ou moins longues d’habillages pour les différents moment de la journée, la femme des années 20 se veut active, et ne porte qu’une tenue de journée qui doit être confortable.

La tenue classique de journée est un pull, avec une jupe et un cardigan assorti. Les accessoires – perles et foulards- féminisent l’ensemble. La robe chemise fait aussi une entrée très remarquée dans la garde-robe : elle est déclinée par de nombreux créateurs et est portée par toutes dans des couleurs vives. C’est ainsi que des styles simplifiés et des jupes courtes voient le jour.

Robe chemise verte pour Angélina Jolie dans l'échange

Robe fluide taille basse pour Angélina Jolie dans l’échange

Les motifs géométriques des vêtements sont empruntés aux mouvements artistiques florissants dans les années 20, le cubisme et l’Art déco.

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Le manteau est brodé de motifs dorés Art déco et porté avec une étole de renard. pour Bérénice Béjot dans The Artist.

Le Bauhaus, école de design fondée en 1919 en Allemagne, influence fortement l’art et les modes de vie. Ayant comme objectif de fusionner l’art et la technologie, elle accorde une importance majeure à la fonction et à l’efficacité. Ainsi, une tenue entravant le corps ne peut être belle.

 

« Il n’y a pas d’autre beauté que la liberté du corps » Coco Chanel

 

 

Au cours de la décennie, les jupes se raccourcissent:

 

robe années 20 Modèle de 1920 dévoilant juste les cheville

Modèle de 1920 dévoilant juste les cheville

 

 

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Modèle de 1928, le manteau arrive au genou, et laisse imaginer une jupe plus courte dessous.

 

Pour la première fois dans l’histoire de la mode, la robe était aussi courte le soir que la journée. Pour créer une robe du soir spectaculaire avec aussi peu de tissu, il fallait avoir de l’imagination. On a alors commencé à suggérer la nudité. On utilisait alors principalement des matières transparentes recouvertes de perles en verre ou de franges en soie aux endroits stratégiques qui lorsque l’on dansait révélaient ce que l’on avait caché. Les décolletés étaient vertigineux, descendant presque jusqu’à la taille aussi bien devant que derrière.

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Robe de soirée des années 20

 

A mesure que les jupes s’écourtent, l’attention se porte sur les chaussures et les bas. Les salomés, un peu pointues avec un talon de 5 cm sont le grand succès des années 20. Les bas, en coton, laine, soie ou rayonne étaient à côtes ou à motifs, et même à carreaux pour le sport.

Jeune femme dans un café en 1924 portant des salomées

Jeune femme dans un café en 1924 portant des salomées

Enfin, les manteaux portefeuille en fourrures recouvrent les femmes vêtues de légères robes de soirées.

A gauche Greta Garbo dans un manteau de fourrure blanche.

A gauche Greta Garbo dans un manteau de fourrure blanche.

La mode des années 20 marque l’âge d’or des couturiers : plus de deux tiers des Françaises s’habillent sur mesure, les maisons de couture sont des entreprises rentables et leur activité fait vivre près de 500 000 personnes en France. Pour les classes moins aisées, les petits commerces de quartier recréent les modèles des couturiers, dont les patrons s’affichent dans les journaux. Jean Patou, Rochas, Lanvin, Maison Doucet et Chanel se partagent le haut de l’affiche de la mode 1920.

Les années 20 inspirent encore aujourd’hui les créateurs.

 

RD.

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